Les conducteurs britanniques sont confrontés à des prix de voiture plus élevés alors que le mandat des véhicules électriques fait augmenter les coûts

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Les efforts agressifs du gouvernement britannique en faveur de l’adoption des véhicules électriques (VE) vont probablement faire monter le prix des voitures traditionnelles à essence et diesel, selon le responsable des ventes de Volkswagen, Martin Sander. Cet avertissement intervient alors que les constructeurs réduisent déjà considérablement les prix des véhicules électriques pour répondre aux exigences de plus en plus strictes en matière de véhicules zéro émission (ZEV), une pratique qui, selon les dirigeants, n’est pas durable à long terme.

La remise non durable des véhicules électriques

Actuellement, les constructeurs automobiles proposent des remises substantielles – en moyenne 11 000 £ par véhicule – pour stimuler les ventes de véhicules électriques. Selon la Society of Motor Manufacturers and Traders (SMMT), cela équivaut à environ 10 milliards de livres sterling de remises accordées aux acheteurs britanniques. Ces réductions importantes sont une réponse directe au mandat ZEV, qui impose une amende de 12 000 £ pour chaque voiture à moteur à combustion interne (ICE) vendue dépassant le mix cible de ventes de véhicules électriques.

Pour 2026, le mandat exige que les véhicules électriques représentent 33 % du total des immatriculations, avec une augmentation spectaculaire pour atteindre 80 % d’ici 2030. Cela incite fortement les constructeurs à donner la priorité aux véhicules électriques, même à perte.

La prochaine hausse des prix des véhicules ICE

Toutefois, les dirigeants préviennent que cette réduction ne peut pas se poursuivre indéfiniment. Sander a explicitement déclaré que les constructeurs seront finalement obligés de récupérer les bénéfices perdus en augmentant les prix des véhicules ICE.

“Je pense que le coût du transport individuel [ICE] augmentera considérablement… si nous devons atteindre 80 % [électriques], cela ne se fera pas seulement en incitant encore plus, mais si nous y parvenons, le coût des véhicules ICE augmentera.”

Le raisonnement est simple : les prix des véhicules électriques artificiellement bas via des remises ne constituent pas un modèle économique à long terme. La patronne de Volvo UK, Nicole Melillo Shaw, a fait écho à ce sentiment, soulignant que l’industrie a déjà réalisé des investissements substantiels dans la technologie des véhicules électriques et que de nouvelles réductions ne sont pas viables. Le « pot à rabais », comme elle le dit, n’est « pas sans fond ».

Ce que cela signifie pour les conducteurs britanniques

La situation soulève des questions cruciales sur la stratégie du gouvernement en matière de véhicules électriques. Même si l’objectif est d’accélérer la transition vers des véhicules plus propres, l’approche actuelle repose largement sur des incitations financières qui faussent le marché.

Une fois les objectifs obligatoires pour les véhicules électriques atteints, les remises cesseront probablement et les prix des véhicules électriques augmenteront fortement. Ceci, combiné à l’inévitable augmentation des coûts des véhicules ICE, signifie que les conducteurs britanniques pourraient être confrontés à des dépenses globales de transport plus élevées, quel que soit leur choix de véhicule. La politique est conçue pour forcer le changement, mais elle risque de rendre la possession d’une voiture moins accessible pour beaucoup.

La viabilité à long terme du mandat dépend de la capacité des prix des véhicules électriques à baisser suffisamment naturellement pour atteindre 80 % de part de marché d’ici 2030 sans réductions insoutenables. Dans le cas contraire, les conducteurs en paieront le prix.