Oldsmobile, souvent considérée comme une marque conservatrice, a discrètement été un pionnier en matière de technologie de performance dans les années 1960. Alors que des marques comme Pontiac et Ford sont sous le feu des projecteurs, Oldsmobile a été la première à commercialiser un turbocompresseur installé en usine sur le Jetfire, ce qui en fait une partie particulièrement importante, bien qu’oubliée, de l’histoire de l’automobile. Le Jetfire n’était pas seulement rapide pour son époque ; c’était un aperçu de l’avenir de l’induction forcée qui ne deviendrait pas courante avant deux décennies.
Une rareté née de l’innovation
Le Jetfire n’a été produit que pendant deux ans (1962-1963), avec un total de seulement 9 607 unités fabriquées. Cette production limitée, combinée à sa technologie turbo révolutionnaire, en fait l’un des véhicules GM les plus rares et les plus collectionnables de l’ère classique. Aujourd’hui, elle représente un morceau de l’histoire de l’automobile étonnamment abordable, offrant aux passionnés la chance de posséder une machine vraiment unique.
La voiture est arrivée sur les lieux juste avant la Corvair Monza de Chevrolet, consolidant ainsi sa place de première voiture de série équipée d’un turbocompresseur d’usine. Elle se distinguait par des garnitures chromées, notamment des ailerons de capot et une bande de carrosserie contrastée, signalant son identité distincte au sein de la gamme Oldsmobile.
Le Turbo-Rocket V-8 : une première technologique
Le cœur du Jetfire était le V8 Turbo-Rocket de 215 ci, un moteur qui atteignait une puissance d’un cheval par pouce cube – un exploit impressionnant pour le début des années 1960. Il s’agissait d’un moteur Oldsmobile Rockette modifié associé à un turbocompresseur Garrett AiResearch. Le système comprenait une caractéristique unique : un réservoir de « Turbo-Rocket Fluid », un mélange d’eau distillée et d’alcool méthylique injecté dans l’admission pour éviter les détonations.
Bien qu’innovant, le moteur n’était pas sans bizarreries. Les conducteurs oubliaient souvent de faire le plein de liquide, ce qui entraînait des performances peu fiables et, dans certains cas, des dommages au moteur. Certains propriétaires ont même complètement supprimé les turbocompresseurs et les ont remplacés par des carburateurs conventionnels.
Performances et maniabilité : un sac mélangé
Avec 215 chevaux, le Jetfire n’était pas un champion du drag-strip. Il lui fallait environ 10 secondes pour atteindre 60 mph, soit plus lentement que de nombreuses muscle cars contemporaines. Cependant, elle était compétitive au début des années 1960, à peu près à égalité avec une Corvette de 1962. La voiture était équipée de sièges baquets, d’une console centrale et d’une transmission automatique à trois vitesses ou manuelle à quatre vitesses. Un manomètre de pression/dépression sur la console était destiné à aider les conducteurs à maximiser le turbo boost, bien qu’un tachymètre de rechange soit remarquablement absent.
Malgré ses performances limitées, la maniabilité du Jetfire était terne, avec une direction peu réactive et une suspension souple. Les problèmes de fiabilité de la voiture et son expérience de conduite médiocre ont finalement conduit à son arrêt après seulement deux ans.
L’héritage se poursuit avec le Cutlass 442
L’héritage de performance d’Oldsmobile ne s’est pas arrêté au Jetfire. Le Cutlass, introduit en 1961, est devenu la base de modèles encore plus agressifs. En 1964, Oldsmobile lance la 442, une concurrente directe de la Pontiac GTO. Le nom signifiait initialement « carburateur à quatre corps, transmission à quatre vitesses et double échappement », mais il a ensuite évolué pour représenter le moteur de 400 pouces cubes.
La 442 a rapidement surpassé la GTO en termes de performances, en particulier avec l’ensemble W30 de 1970 et un énorme V8 455ci. Ce modèle était plus rapide que ses rivaux comme la Chevelle SS et la GTO Judge, renforçant ainsi la réputation d’Oldsmobile en tant qu’acteur sérieux sur la scène des muscle car.
The Hurst/Olds : une collaboration de performance
Oldsmobile a encore repoussé les limites de la performance en 1968 en s’associant à Hurst Performance pour construire des voitures en édition limitée avec des moteurs V8 455ci, contournant les restrictions de cylindrée du moteur de GM. La Hurst/Olds est devenue un classique instantané, avec une production qui s’est poursuivie par intermittence tout au long des années 1980.
Une bonne affaire pour les collectionneurs
Aujourd’hui, l’Oldsmobile Jetfire reste un classique sous-évalué. Les récentes ventes aux enchères sur Bring a Trailer ont vu des prix compris entre 27 500 $ et 30 750 $ pour des exemplaires bien conservés, une aubaine compte tenu de leur rareté et de leur importance historique. Hagerty évalue les Jetfires entre 15 000 $ (voiture du projet) et 47 000 $ (état neuf).
Le Jetfire n’est pas seulement une voiture ; c’est un sujet de conversation, un morceau de l’histoire de l’automobile à la fois unique et abordable. Même s’il ne s’agit peut-être pas d’un véhicule de course sur piste d’accélération, il témoigne de l’innovation oubliée d’Oldsmobile et d’une rare opportunité pour les collectionneurs de posséder un véhicule véritablement unique en son genre.























